C’est la guerre

3 07 2009

Elle avait occupée une trop grande place dans ma vie. J’avais plus ou moins réussi à m’éloigner d’elle quand je suis parti vivre à Paris. Par la force des choses, nos rapports s’étaient espacés, on se voyait moins et surtout même si je pensais encore à elle, elle n’était plus mon obsession.

J’ai vécu 10 ans comme ça, sans l’oublier mais sans vraiment m’en préoccuper. On se voyait encore parfois, de temps en temps mais l’image qu’elle me renvoyait n’avait plus vraiment d’importance. Je vivais sans elle, je profitais, je vivais peut être même trop bien et naturellement elle a fini par me rattraper.

Depuis quelques semaines, je me suis mis à (re)penser à elle, trop peut être mais je me sentais encore à l’abri. Une amie me parlait d’elle, souvent et petit à petit je me suis à nouveau senti attiré. Et pourtant, au départ, je l’ai fui, remettant toujours au lendemain cette inéluctable rencontre. J’appréhendais son regard, je savais qu’elle ne me pardonnerait rien. Et un matin, en passant, je me suis arrêté, je suis monté et presque comme je l’attendais (ou comme je le redoutais) ces mots ont été durs, cinglants… Elle n’a pas fait dans le détail et maintenant c’est la guerre.

Je la vois souvent, trop souvent mais elle ne redeviendra pas mon obsession, je ne ferai plus tout pour elle. Je veux juste lui montrer cette fois que je peux obtenir ce que je veux et là remettre pour de bon.. à sa place.





Dans l’ombre

1 07 2009

J’ai eu du mal à m’endormir cette nuit là, je l’avais à peine aperçue et je me remémorais cette silhouette. Je ne la connaissais absolument pas et pourtant c’est comme si elle m’était proche.  Elle m’avait souri. Sourire de façade  pour cacher une inconfortable situation ou sourire malicieux invitant un inconnu à frapper à sa porte.

Après son sourire, je m’étais écarté de ma fenêtre, j’avais attendu un bon 1/4 d’heure avant d’oser réapparaître mais elle avait disparu. Je me disais alors que j’aurais du attendre, sans reculer, et provoquer ainsi cette inconnue à exprimer un peu plus qu’un simple sourire.

Mais provoquer, j’en suis incapable. La peur qu’elle me dise non, qu’elle me rejette, qu’elle crie au secours ou me prenne pour un fou… Comment imaginer une seule seconde qu’une femme puisse inviter ainsi un inconnu (ça n’existe, sans doute, que dans les films porno… et grandir devant le journal du hard semble donner de biens mauvaises habitudes).

Pourtant cette femme allait m’accompagner tout au long de ma journée du lendemain. Au fil des heures, c’est comme si je la connaissais un peu plus, je me faisais mon film et bien sur j’en étais le héros. Je commençais à espérer la retrouver le soir et cette fois, bien sur, cette fois… !!

C’est ainsi que j’ai écourté le dîner auquel je participais ce soir là. J’avais un autre rendez-vous (inavouable celui-là).  Mais au lieu de m’afficher ostensiblement et d’attendre qu’elle sorte (peut être) de sa douche. Je prenais soin de rentrer dans ma chambre sans allumer la lumière et me dirigeait vers la fenêtre, dans l’ombre, en essayant de ne pas être vu, pour la surprendre.

Je ne me sentais plus vraiment l’âme d’un héros, mais plutôt celle d’un charognard, avide des restes, de ce qu’il peut glaner au détriment des autres. Je savais alors que je n’aurais rien de plus et pourtant quelque part, attiré parce que j’avais vu la veille, je me sentais protégé. Je n’aurais sans doute pas grand chose mais là je ne risquais rien.

J’avais imaginé la séduire d’un regard et je me cachais derrière des rideaux aussi ternes que moi. Je rêvais qu’elle m’invite mais j’avais trop peur qu’elle me voit, encore là. Il était plus de minuit et sa chambre était allumée, j’espérais l’apercevoir mais au fil des minutes je me sentais de plus en plus mal à l’aise. Elle était ravissante, elle m’avait souri.. et moi j’étais un lâche.

voyeur





Vu de ma fenêtre

25 06 2009

Jamais un post n’a aussi bien porté son nom… enfin n’a aussi bien collé avec ce blog. En effet, cette fois tout s’est passé depuis ma fenêtre qui ce soir là était à la fois trop près et peut être trop loin d’une autre fenêtre.. ouverte, celle là.

Il était tard, 2h passé, je rentrais d’une soirée et je retrouvais malgré moi ma petite chambre d’hôtel au 11° étage de cet hôtel parisien. L’air était chaud, étouffant et afin de trouver un peu d’air, j’ouvrais la fenêtre de ma chambre, je m’accoudais à ce rebord. J’avais une vue imprenable et je me demandais bizarrement si c’était vraiment prudent d’offrir un marche pied aussi élevé à des âmes pouvant être décidées à faire le grand saut.

Mon regard balayait l’horizon, courait sur les façades environnantes et se posa sur la fenêtre encore allumée d’une chambre située quelques étages plus bas. Et mon étonnement fut immense lorsque je vis l’occupante sortir entièrement nue de sa douche.

Surpris, presque gêné, j’étais comme paralysé et incapable de faire le moindre geste pour me détacher de cette fenêtre. Je la regardais, brune, élancée, aller et venir autour de son lit. Je ne la connaissais pas et pourtant j’étais entré de plain pied dans son intimité.

Mais sans doute à cause de cette sensation inexplicable que l’on ressent quand on se sait observé, subitement elle a levé la tête dans ma direction. Pris en faute, j’ai esquissé un petit geste de recul, sans toutefois disparaitre de l’encadrement de la fenêtre et aussi étrange que cela puisse paraître, amusée, elle m’a souri….

vu de ma fenetre





Le trésor de mon île

2 06 2009

Mon navire a fait naufrage, je suis le seul rescapé.
Je regarde le rivage sans savoir où je me suis échoué
J’ai fouillé les coffres de l’équipage, voilà ce que j’ai trouvé
Une fortune de coquillages, un trésor de braconnier.

Il est ma seule richesse, mon testament de flibustier
Je le chéris, je le caresse, je le regarde émerveillé
Il est mon âme, ma tendresse. Au crépuscule, fatigué
Je rêve qu’une princesse vienne un jour le déterrer

Un coffre du lumière et d’ébène, drôle de prison pour une fée
Les pinces du cachot du capitaine, pour ne jamais oublier
Un livre qui depuis me hante, comme les grains du sablier
Un pavillon de roses que je rêve de voir flotter
La torche mortifère d’une escale passionnée
Un parchemin de lin et cuir, blanc de mes mots, riche de mes pensées
Un frêle papillon qui n’aurait pas du s’envoler
Et ce qu’il reste de mon âme après l’exil de ces années





Toutes les mêmes…?

27 05 2009

Je suis sans doute un peu naïf et je n’aurais certainement pas du me laisser surprendre aussi facilement mais hier soir une fois encore…

Il était à peine 20h, j’étais sorti du bureau depuis presque 2h et je n’étais pas encore rentré chez moi. Au départ je ne l’ai même pas remarquée, j’étais dans mes pensées, un oeil rivé à mon portable et l’autre perdu au gré des silhouettes qui croisaient mon chemin. Je commençais à en avoir marre et c’est lorsque je suis arrivé à sa hauteur que j’ai remarqué son sourire…

Je suis en général plutôt réservé, pourtant cette fois je ne me sentais pas intimidé et c’est moi qui le premier ait lancé un bonsoir courtois et souriant. Elle était brune, d’allure très classique, elle portait un petit chemisier blanc et une discrète chaîne en or mais je n’osais dès ce premier contact la dévisager d’avantage.

Elle m’a légèrement souri et m’a salué à son tour, par politesse peut être mais je me suis senti invité à me rapprocher d’elle et à poursuivre cette discussion. Nous avons échangé nos premiers mots, maladroits, forcément.

Mais tout est allé très vite, trop vite. Je ne connaissais que son prénom et elle ignorait encore le mien. Nous avions juste parlé du temps qu’il faisait, des orages de la veille et de cette foule inhabituelle pour un mardi  et elle me dit, sans émotion, c’est 180 euros…

Fallait il que des histoires d’argent viennent encore ternir une si délicate et fragile relation ? Fallait il encore une fois que je tombe sur une professionnelle ?

j’aurais aimé, j’avais cru que cette fois, entre nous, ça serait différent, mais non, hier soir encore… toutes les mêmes…

Alors, encore abasourdi, résigné, j’ai tendu ma carte Leclerc, j’ai pris mon sac de provisions et je suis parti sans même me retourner.





Arc en ciel

22 05 2009

Ca ne sera sans doute pas la dernière nuit blanche que je vais faire, perdu dans mes pensées et ses photos (ça n’est pas la première non plus). Je ne peux pas dire que je vois tout en noir, mais je soigne mes bleus comme s’ils étaient ses derniers baisers.  Je sais qu’ils finiront par disparaîte, presque malheureusement. Et même si je ris jaune parfois devant ses mots, je serai prêt à tout pour lui servir un verre  de vin.. rouge bien sur.

Et au milieu de cette palette de couleurs, “juste”, cette chanson enivrante, entêtante qui m’accompagne à chaque fois que je la retrouve…





Wouarfffff

19 05 2009

Le coeur au repos, les yeux bien sur terre, vautré sur mon canapé, la télécommande vissée dans une main et l’autre me grattant….les cheveux, je contemplais béatement l’écran (plat) luminescent.  Les images défilaient au rythme trépident d’un zapping effréné. Agile, rusé, je surfais sur la grille des programmes, je bondissais et rebondissais de chaîne en chaîne,  tel Tarzan qui de liane en liane… oups je crois que je m’égare un peu…

18 secondes offertes à Monica Belluci, 12 concédées à Eva Mendes… moi, moi qui était le plus fier  je n’en avais données que 8 à Heidi Klum avant de m’effondrer sur les marches du festival de Cannes, rêvant alors de champagne, de petits fours et de notoriété.

Des 3 faisans au Martinez, il n’y avait décidément qu’un pas que je me voyais déjà franchir au côté de Johnny, héros improbable d’un festival oligarchique. Cette fois, le coeur bien au chaud et les yeux dans la bière, avachi sur mon canapé je me retrouvais happé par les délires burlesques d’Omar et Fred, attention je cite :

Laetitia demande à Johnny combien elle doit donner à ses deux neveux pour leur réussite aux examens.
- au grand tu peux donner cinq mille euros, répond Johnny d’un air détaché
- et au plus jeune ? demande Laetitia
- au p’tit qu’deux mille…





Inconscience ou paranoïa

12 05 2009

“Au secours !!!!!!!!!! Au secours !!!!!!!!!!!!”

C’est en fait le cri d’effroi qui m’a sorti du cauchemar dans lequel je me faisais poursuivre par les 3 petits cochons. Ne souriez pas en imaginant que je peux avoir la trouille de Nouf-Nouf, Nif-Nif et Naf-Naf mais la perspective de voir cette fameuse grippe porcine (enfin grippe A H1N1) frapper à nos portes ne me laisse pas sans interrogation.

Ce matin je ne me sentais pas spécialement inquiet : on en parle peu voire on en plaisante lorsqu’un collègue a le malheur d’éternuer deux fois de suite et moi je me rassure, en lisant qu’il n’y a que 15 cas en France, qu’elle semble reculer au Mexique puisque les écoles sont réouvertes, qu’un vaccin est en cours d’élaboration et que les laboratoires pharmaceutiques se mobilisaient pour approvisionner l’OMS en Tamiflu.

Et pourtant ce midi, une collègue qui doit partir en vacances à New York m’a presque contaminé en me refilant son angoisse à l’idée de la savoir à Big Apple d’où justement reviennent les deux derniers cas identifiés en Saone et Loire.

J’ai voulu la rassurer en disant qu’il n’y avait rien à craindre et qu’elle se faisait des idées. Mais je crois que mes efforts sont restés vains car elle m’a fait remarquer qu’une campagne de prévention avait fait (3 fois par jour) son apparition à la télé et que des études sérieuses envisageaient 30 000 décès en France…

30 000 ?? c’est presque autant que la grande peste marseillaise de 1720… Alors faut il encore penser aux vacances ou se faire à l’idée d’une rentrée bien difficile….





Interlude

5 05 2009

Je ne mets pas souvent de vidéo sur mon blog mais cette fois j’aimerai partager les émotions qui m’accompagnent lorsque j’écris. J’ai découvert cet artiste il y a quelques années déjà, je la retrouve souvent comme un refuge, je la protège comme un jardin secret et je la suis au gré de mes infortunes.

Je vous souhaite d’y trouver la même mélodie, le même envoûtement, le même charme…

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Une vie de princesse

4 05 2009

Ami(e)s de la poésie, vous me trouverez trop tendre
Quand vous aurez lu ce que je vais vous apprendre
Il était une fois c’est ainsi que commence
Toutes les histoires narrées depuis la petite enfance

Et cette fois encore, je n’y échappe pas
mon histoire commence “il était donc une fois…
Une belle fort jolie, à peine apprivoisée
Tout juste sortie du lit, encore ensommeillée

Et ainsi affairés à faire nos abblutions
Je n’avais guère remarqué son étrange position
Sans doute sinon l’aurais je interpellée

Faites attention, ma belle, vous risquez de tomber
Entendant un grand plouf, la pensant bien plus bas
A mon étonnement, je la vis, elle était encore là..”

Tel Jean de la Fontaine, dans ces contes de fées,
Il faut une morale pour parfaire le sonnet
Mais à cette règle immuable cette fois je reste sourd
Elle m’en voudrait tant de trahir un secret aussi lourd…