Parmi les différents indicateurs qui nous renseignent sur la qualité des relations homme-femme il y en a un auquel j’attache à présent la plus grande importance et qui résume à peu près tout pour moi.. Je déplore simplement de ne pas en avoir fait plus tôt ma ligne de conduite, ça m’aurait évité de m’engluer parfois dans des situations dramatiques.
En effet lorsqu’on est ado, il y a les avants il y a même surtout que ça et je ne crois pas pouvoir dire qu’avoir envie de Rebecca, de Jessica ou de Vanessa soit réellement révélateur d’un amour naissant. Chez l’homme il est bien malheureux de devoir l’avouer c’est souvent la petite tête qui commande la grande pardonnez-moi l’expression et une attirance, voire une envie ne m’ont jamais vraiment renseigné sur la réalité de mes sentiments. Bref l’avant ne me semble pas très révélateur et j’aurais trop souvent vendu mon père et ma mère pour un cul ou une paire de seins pour oser en vanter la fiabilité.
Ensuite il y a le pendant, déjà plus significatif. N’étant pas enfin n’étant plus le benêt de service et ayant presque réussi à surmonter une timidité maladive, j’ai eu la chance ou la malchance de connaître des pendants et j’ai pu percevoir quelques différences. Les premières fois, tellement autosatisfait d’avoir une fille dans mon lit, je ne me rendais pas compte à quel point ces moments d’intimité pouvaient être interminables et rapidement je me suis rendu compte qu’il était aussi vain que douloureux de vouloir absolument présenter popol à tout ce qui portait un string et des talons. La seule chose qui venait alors à l’esprit était de démontrer la vaillance de l’étalon en espérant que ma partenaire comment c’est son nom déjà ? puisse en faire la publicité auprès de ses amies que j’imaginais déjà plus ravissantes qu’elle, c’est alors convaincu de cette nécessité marketing que j’arrivais à me séparer de ce que j’appelais “l’échantillon gratuit”.
Enfin, il y a l’après. Je n’oserai vous raconter par pudeur les moments de solitude extrême que j’ai pu vivre après un coït qui ressemblait plus à la solitaire du Figaro qu’à un moment d’extase partagé. En effet si déjà pendant : vous avez refait votre liste de courses, trouvé le plan de la note de synthèse à rendre pour lundi, pensé à ce que vous alliez acheter pour la fête des mères ou hésité sur le fait que Lance Armstrong puisse gagner son premier tour de France alors le reveil est incroyablement douloureux.
Et même si le pendant a été agréable, voire très agréable, il faut avouer que parfois après les quelques soubresauts extatiques et la vague d’endorphines venue vous envahir la seule question qui vient à l’esprit est : “mais qu’est ce que je fous là ?” enfin pour être totalement sincère “mais qu’est ce qu’elle fout là?” même sachant que c’est son lit et son appartement! C’est alors qu’on pense à ce chanceux monsieur Spoke qui avait le choix entre sa propre téléportation ou la désintégration du sujet devenu insupportable. On pense aussi au fait qu’on va probablement rater Téléfoot remplacé inévitablement par quelques “gna-gna-gna” autour d’un croissant et d’un café enfin un thé car bien sur elle prend un thé en m’expliquant malgré moi la différence entre l’earl grey et le darjelling, et aussi au fait qu’il va falloir affronter les regards rieurs des potes qui m’ont vu partir hier soir avec la “demoiselle” la main coincée dans une mini jupe fluo qui risquait de lâcher d’un moment à l’autre.
Ainsi à la lumière de ces souvenirs, je me suis aperçu que le véritable révélateur de l’envie, du désir et les sentiments que l’on peut ressentir n’apparaissent, ne se révèlent réellement que dans l’après : Lorsqu’on lutte contre les endorphines pour encore la caresser, l’embrasser, s’enivrer de son parfum, lorsqu’on se surprend à lui sourire, à avoir tant de choses à lui dire, lorsqu’on a envie de rester tout proche, l’un contre l’autre, et qu’on a oublié Téléfoot, les rires des amis et même la fête des mères.. bref lorsqu’on est si bien que le temps semble s’être arrêté.
Ce sont ces moments là qui vous disent, enfin qui me disent : ce n’est pas le fait de rencontrer, séduire, “baiser” car je sais enfin je crois savoir que cela ne dure parfois qu’un trop bref instant, alors j’observe les après, je guette les sourires, les calins, les caresses car si l’après est merveilleux cela veut dire que le reste a été magique.

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