Rêve d’un soir

28 11 2008

Elle était là, enfin agenouillée au centre de la pièce, les mains posées sur les cuisses. Elle était plus jolie que je ne le pensais à la suite de nos premières discussions sur http://www.rencontre.wirtuel.com. Je me disais que j’avais de la chance de l’avoir rencontrée et qu’il ne me serait pas difficile de ” l’aimer ” au moins pour cet après-midi.

Elle m’avait parlé de ses envies, de ses fantasmes alors je lui avais donné rendez vous dans ce petit hôtel du centre ville de Tours. Je ne voulais pas en faire un rendez vous ordinaire alors je l’avais invitée à suivre quelques consignes, volontairement formelles et adressées par mail juste après notre dernière discussion.

“Chère mademoiselle

Je suis impatient à l’idée de vous retrouver ce mardi mais il faudra que vous suiviez ces consignes à la lettre : Vous serez habillée seulement d’un soutien gorge et d’une paire de bas assortis. Vous m’attendrez au milieu de la pièce, agenouillée, les mains posées sur les cuisses, paumes ouvertes. Vous aurez les yeux bandés et les cheveux attachés d’une queue de cheval.

A mon arrivée, vous ne parlerez et ne bougerez pas.

Vous avez naturellement quelques jours pour décider d’accepter ou non ces consignes et donc de vous rendre à ce rendez-vous.”

Le rendez vous était à 14h00, je suis arrivé volontairement avec plusieurs minutes de retard pour savoir si elle respecterait les consignes édictées et poussant la porte à 14h15, je la vis, elle était là…

Je ne lui ai pas parlé, pas touchée tout de suite.. j’ai pris le temps de me mettre à l’aise et aussi d’ouvrir la fenêtre laissant ainsi un courant d’air envahir la pièce. Elle a été prise d’un frisson mais je savais pas s’il était de froid ou d’émotion, même si elle devait appréhender ce rendez vous avec un homme qu’elle connaissait si peu.

Elle semblait paralysée, tétanisée. Je pense que même si elle avait voulu bouger elle n’aurait pas pu.

Lentement je faisais le tour de cette femme, le parquet craquait et elle sursautait presque à chaque pas. Je voyais ses épaules trembler : un tour, deux tours, cela devait lui paraître interminable. Je finis toutefois par m’approcher d’elle et je lui murmurais à l’oreille que j’étais content qu’elle soit venue.

Elle s’apprêtait à répondre mais je posais un doigt sur sa bouche, elle ne devait pas parler…





La Haine

25 11 2008

Une émission de télé et deux posts ont suffit à me donner la haine. Vous allez dire que je ne m’indigne pas si facilement que cela et même si en fait l’émission de télé aurait suffit, la lecture de ces deux billets renforce ce sentiment de dégoût.

L’émission de télé, c’est Capital (dimanche soir sur la 6). Ces octogénaires mis au ban de la société, ces personnes qui n’ont que 500 ou 600 euros pour vivre et se soigner, ces personnes a qui on refuse la CMU, ces personnes qui ont 2 ou 3 euros pour s’habiller.

Le premier post est celui de Toxgirl sur la politique, car pendant que ces “administrés” crèvent la faim, on assiste hier soir encore dans mots croisés à la guerre des chefs pour diriger un parti qui semble avoir oublié même à quoi il sert enfin surtout qui il doit servir.

Le second post est celui de La Brune sur les mutilations sexuelles féminines car à l’heure où on légifère pour tout et n’importe quoi et où l’on s’inquiète de savoir si tel emballage est éco-citoyen, j’ai vraiment envie de demander s’il n’y a pas quelque chose qui cloche…

Citoyen ça doit bien vouloir dire quelque chose quand même et pas uniquement pour le développement durable.

On laisse des êtres humains coucher dehors et sans doute un peu plus cet hiver, on laisse nos anciens crever la dalle et bosser jusqu’à 85 ans, on laisse des femmes se faire mutiler au nom de la liberté des religions ou par diplomatie éco(nomique cette fois), on laisse des arrivistes diriger nos institutions et se battre sans fin pour savoir qui sera le chef, on les laisse consacrer un système libéral qui aujourd’hui s’éffondre et qu’il faut sauver à grands coups de millions, on laisse nos banques vendre des crédits à la consommation à 20% d’intérêts et proposer des crédits sur 35 ans…

Qui va finir par nous ouvrir les yeux, arrêter de nous faire croire que l’événement de la semaine c’est OM-PSG, que le nouvel i-phone est indispensable et qu’il est normal de claquer 20 millions d’euros pour inaugurer un hôtel à Dubaï…

Notre cercle s’arrête-t-il une fois franchi le paillasson pour ceux qui en ont un.  N’avons nous plus de conscience, d’idéal collectif,  plus de morale…  Où sont nos chefs, nos guides, ceux qui rêvent d’une vie collective, d’une société qui n’oublie pas ses gens, ceux qui sont capables de servir notre société avant de servir leurs propres intérêts.





Foudroyé deux fois ?

21 11 2008

Il parait que la foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, de ce constat naît alors une interrogation : peut-on avoir deux coups de foudre dans sa vie ? ou plus précisément peut-on avoir deux amours entiers, intenses.

Je ne vais pas me perdre dans les grandes théories, j’en suis bien incapable enfin pas de me perdre c’est ce que je fais le mieux. Mais avec mes défauts et ma charrette de maladresses j’aurais bien du mal à édicter un précepte. Je croyais aimer et aujourd”hui j’aime plus que tout, mais ce plus que tout n’est parait-il pas forcément aimer ou pas vraiment aimer bien.

Je pensais aimer tout court mais est ce que je sais vraiment le faire… Parfois écrasé par le manque, l’envie, le désir qui ne seraient peut être que jalousie, possessivité, exclusivité, fusion.  Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…. mais le “beaucoup”, mon “beaucoup” est il déjà trop ou pas assez alors je n’ose plus effeuiller la marguerite de peur de voir apparaître mes démons.

J’ai envie de dire je t’aime… mais ai-je le droit de le dire ?
J’ai envie de dire que j’ai été foudroyé, qu’elle est mon évidence… mais alors pourquoi suis-je autant maladroit, pourquoi ai-je autant de difficultés à le vivre  sereinement ?
J’ai envie de dire que j’ai juste le coeur sur la main sans avoir l’impression parfois d’avoir les mains sales.

Je voudrais juste aimer… aimer bien… aimer toujours… aimer d’amour.





Vu (de l’autre côté) de ma fenêtre

18 11 2008

Je n’aurais jamais cru il y a deux ans être capable d’ouvrir et d’alimenter un blog. Il a fallu un petit coup de pouce pour y arriver et je dois avouer que je l’aime bien mon blog. Pourtant hier soir je me demandais bien à quoi il pouvait servir.

Une fenêtre sur le monde ? j’aurais bien du mal à avoir cette prétention car je ne crois pas que mes écrits aient pu en quoique ce soit faire progresser la pensée universelle. Je me demande même si j’ai fait découvrir quoique ce soit à quiconque ou si j’ai couché ici une réelle reflexion. Pas la moindre petite pensée sur la vie, la mort, l’amour, la responsabilité, le soi ou les autres.

Une fenêtre sur moi ? peut être un peu plus et encore. Je prends souvent du plaisir à raconter des histoires, à enchaîner les mots, sans toujours donner toutes les clés, tous les signes. Parfois je fanfaronne, j’enjolive ou je noircis pour tourner en dérision. Mais il est bien difficile de se raconter vraiment. La peur d’être reconnu, la peur que ces choses soient utilisées, détournées une fois en “liberté sur le net” ce blog est-il alors une mini prison dans laquelle je m’enferme. Je suis peut être trop méfiant voire parano parfois je me pense juste prudent pour me rassurer mais je sais que les choses peuvent aller loin et vite.

J’ai besoin de me sentir en confiance et l’anonymat ne protège pas de tout, au contraire peut être même car j’ai aussi besoin de me sentir en confiance. Je me demande souvent quel oeil peuvent avoir ceux qui se trouvent de l’autre côté de ma fenêtre. Ils me sont familiers mais je ne les connais pas. J’ai parfois envie de tendre la main mais je redoute toujours de me faire croquer les doigts. J’apprécie leur présence, leurs mots, leurs attentions, leurs rires, leurs sourires. J’aime les savoir lire et aussi revenir comme si malgré tout il y avait quelque chose à voir de ce coté de ma fenêtre.





Il fait tout gris

17 11 2008

Comme un lendemain de fête, alors qu’on se réveille avec la gueule de bois.
Cette fête, je l’avais pourtant attendue, espérée, je l’avais rêvée 100 fois, 1000 fois.
Cette fête, j’en ai profité pourtant, elle était encore mieux que je ne l’avais imaginée.
Et quand je me suis couché,  mon coeur souriait à la lune….

Je suis vite tombé de mon nuage, je ne pensais pas, je n’imaginais pas.
Mais les mots, les actes laissent parfois des marques qui survivent aux cotillons.
Il faut les accepter d’abord, les assumer ensuite, les surmonter peut être.
Les idées se bousculent, les remords, les regrets, le cauchemar qui n’en finit pas.

S’endomir en y pensant, oublier le temps d’un rêve et le réveil toujours douloureux.
Vouloir se mettre en boule, se cacher. Rester sans envie, sans désir, sans sourire.
Pas de gomme pour effacer, pas de prière pour pardonner, pas de mot pour expliquer, se sentir juste responsable.

Se demander juste si un jour il fera encore beau….





Pin pon

12 11 2008

J’étais un peu en retard, sur ma route habituelle et un peu en retard ce qui veut dire : ligne droite fond de 6 – gros freinage – retour en 2 – passage du rond point – remise de gaz – petit pif paf en fond de 3 car ils sont fait des espèces de chicane pour couper la ligne droite – fond de 4 – fond de 5 – léger coup d’oeil pour le cédez le passage ou personne ne passe jamais et… et… et… tout à coup dans mon casque j’entends un “pin pon” inhabituel.

Je me dis “tiens il doit y avoir un accident, voila une ambulance” et très civilement je relève la tête de la bulle, jette un oeil dans le rétro, pour voir où se trouvait le “véhicule prioraitaire” afin de le laisser passer. Et là… surprise… point de pompier ou d’ambulance mais une petite berline bleue marine tout gyrophare dehors qui me faisait des appels de phrares. N’ayant aucun ami farceur avec ce type de véhicule, je me suis douté que cela n’avait rien de cordial et après avoir hésité 3 secondes à ignorer les appels de l’importun, j’ai fini par me garer sur le bas-côté.

Du coup pas de “bonjour”, ni de “comment ça va” mais un sévère “vous avez vos papiers !!”. Je n’ai pas osé lui demander s’il était de la Police vu que c’était écrit Gendarmerie sur son pull-over j’ai obtempéré sans oser non plus lui demander les raisons de son intervention.

Plus impatient que moi de lever le mystère, il me dit “vous avez vu à combien vous rouliez, c’est limité à 50″, je n’avais pas vraiment d’avis sur la question mais le double me paraissait largement raisonnable et pourtant j’osais un timide “80 ?”.

Devant mon évaluation improbable, il a presque éclaté de rire, encore essouflé d’avoir du batailler pour me rattraper et d’avoir sans doute malmené un peu la petite berline bleue peu habituée à ces ballades digestives.  Et si j’étais relativement détendu, c’est qu’étant tout seul et sans doute pas dans l’exercice de ses fonctions vu l’heure, il n’avait pas pu relever une mesure précise de ma vitesse et n’aurait pu me verbaliser que pour conduite excessive (soit 90 euros et pas de points).

Mais je ne l’étais quand même que relativement, peu fier de m’être fait “attrappé” et rattrappé d’ailleurs et la perspective de me voir rançonné de cette somme d’argent n’était pas non plus de nature à me réjouir.

Je me sentais comme un enfant pris la main dans le sac, je me suis confondu en excuse, espérant obtenir la clémence de mon poursuivant afin d’échapper à une sanction sans doute méritée. Je m’en suis tiré avec un “faites attention la prochaine fois !!” et je n’ai pu qu’acquiescer en remettant mon casque.

Pfff j’ai eu chaud, j’en souris.. mais du coup je suis arrivé vraiment en retard…..

Comme quoi “rien ne sert de courir…” mais cette fois la morale de l’histoire c’est pas la tortue qui la fait mais le poulet, pauvre La Fontaine…





Soleil d’hiver – IV

7 11 2008

Je me suis réveillé un peu étrange, comme barbouillé ou avec la gueule de bois. Une sensation qui ne présage rien de bon et qui laisse surtout l’amer goût de devoir se lever au lieu de rester vautrer sous la couette.

Bref ce matin, pas d’hésitation particulière devant mon armoire, pas d’envie de trouver LA tenue du vendredi, même pas envie de me raser…

Du coup pas d’impatience en arrivant au bureau, un rapide passage par la aalle détente sans presque lever les yeux, un gobelet chaud arraché à la machine à café, et deux bonjours jetés à la cantonade. Et à mon bureau, presque machinalement, j’ai fermé ma porte…

Je ne pourrai pas vous dire si elle est là, ni comment elle sera habillée. Nous n’avons pas encore fait cette réunion et j’espère que ça ne sera pour aujourd’hui, mais oserai-je lui dire que j’ai oublié mon sourire à la maison…

Oui, ce matin je n’attends pas une tenue, une démarche, un sourire…, j’ai juste envie de mon “Elle”, j’ai envie de mots simples, de la sentir toute proche, délicate, fragile et attentionnée.

Je n’ai pas envie d’ouvrir ma porte, juste envie d’ailleurs. Rien qu’en y pensant je souris, mais cette fois, …de l’intérieur.





En promotion

5 11 2008

Visiblement aujourd’hui il est indispensable de savoir faire l’article pour pouvoir vendre.  Aussi je m’essaie à cette description commerciale qui pourrait servir de support à la promotion du “Gus”, qui pourrait devenir indispensable à toutes les ménagères de moins de 50 ans..

” Vous en avez probablement rêvé et aujourd’hui il peut être chez vous. Voici le compagnon idéal qui n’aura de soin que de vous satisfaire. Disponible, il saura vous accompagner tout au long de vos journées et vous fera passer des moments délicieux en sa compagnie.

Grand, imposant et généreux, mais aussi doux et calin, il vous apportera l’assurance d’un compagnon fidèle et dévoué. Simple mais doté d’une réelle présence il saura s’imposer dans de nombreuses situations mais pourra rester aussi discret et peu envahissant. Il vous fera sans doute oublier tous les hommes qui ont pu vous trahir ou vous décevoir et en le regardant vous vous direz qu’il vous a toujours manqué…

L’équipe commerciale se tient à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.”

Bref l’essayer c’est l’adopter… sourires (parait-il…)





CQFD

2 11 2008