En ce moment je lis “nous les dieux” de Bernard Weber.
” Le héros de l’histoire après avoir été un être humain puis un ange est finalement devenu un élève dieu. Chaque jour, un dieu différent (issu de la mythologie grecque) enseigne à ces nouveaux élèves comment façonner un monde afin de pouvoir un jour devenir un dieu à leur tour.”
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_les_dieux
La question qui est posée dans le livre est ” Et vous, que feriez-vous à la place de Dieu ? “
Je ne répondrai pas ici à la question mais je vous livre un petit extrait du livre pour illustrer et rebondir sur les propos développés ici : http://labrunethree.wordpress.com/2008/11/24/mutilations-sexuelles-feminines/
Dans cet extrait, Aphrodite s’adresse à un élève :
” Il y a, mon cher monsieur Ballard, que dans votre coin, c’est vrai vous n’envahissez personne, vous n’avez pour l’instant causé aucun massacre, ça non… mais il faut voir comment vous Iaissez traiter votre propre population. Dites-moi, qu’est-ce que vous avez contre les femmes ?
Vous avez laissé des moeurs inqualifiables s’installer. Et tout d’abord, pour le plus apparent… l’excision. Des mères qui mutilent leur propre fille. Elles leur coupent le clitoris ! Voilà ce qu’on fait chez monsieur Bruno. Et pourquoi elles font ça ?
Euh…, dit Bruno… je ne sais pas. Ce sont les femmes qui ont décidé entre elles. Elles pensent que si elles ne le font pas elles ne seront pas des vraies femmes.
Et qui leur a mis cette idée en tête ?
Euh… les hommes.
Et pourquoi ?
.. Parce qu’ils n’ont pas envie qu’elles couchent à droite et à gauche.
Non, monsieur, parce qu’ils n’ont pas envie que les femmes aient du plaisir. Ils sont jaloux du plaisir des femmes qui a l’air supérieur au Ieur (et qui l’est), voilà la vérité. Et j’ai vu chez votre peuple des gamines mutilées à vie, dans des conditions d’hygiène et de douleur ignobles, par… tradition !
Bruno Ballard a un instant de flottement.
Ce n’est pas moi, ce sont mes humains…
Oui, mais vous n’avez rien fait pour les en empêcher. Un rêve, une intuition, un coup de foudre auraient peut-être suffi à rendre cet acte tabou. À quoi cela vous sert d’être dieu si vous laissez faire n’importe quoi ? Et ce n’est pas tout, monsieur Bruno… On pourrait aussi parler chez vous de l’infibulation. Des filles dont le sexe est carrément cousu sans anesthésie. Et ce pour qu’elles soient vierges au mariage…
Les élèves déesses jettent sur Bruno un regard réprobateur.
Et puis je vais vous parler de quelque chose d’encore moins connu et d’encore plus ignoble qui se passe chez vous, monsieur Bruno… En termes médicaux on appelait cela, sur “Terre 1″, ” la fistule obstétricale “…Des jeunes filles sont mariées de force dès 12 ans à de vieux riches. Vendues par leurs parents. Et, bien évidemment, ces saligauds ne prenant aucune précaution, elles se retrouvent enceintes à la puberté. Mais leur corps n’est pas prêt. En général le foetus n’arrive pas à terme, mais en grossissant il comprime les tissus qui séparent le système génital, la vessie et le rectum… La pression crée des brèches qu’on nomme fistules. Résultat, les urines, parfois les matières fécales s’écoulent par la voie vaginale. Ces jeunes filles se lavent tout le temps mais elles sentent si mauvais que leurs maris les chassent ainsi que leur famille. Elles errent comme des clochardes et on leur jette des pierres. Des gamines de 12 ans, monsieur Bruno, de 12 ans !
Ce n’est pas moi, ce sont mes humains, clame-t-il comme le propriétaire d’un chien qui vient de mordre un enfant.
Son plaidoyer ne calme pas la déesse de l’Amour.
Eh bien c’est pour cela qu’ils ont un dieu, vos humains ! Pour les tenir, les éduquer, ne pas les laisser faire n’importe quoi…
Et puis c’est si facile de s’acharner sur les femmes. EIles n’ont pas la force physique de se défendre. Elles finissent par tout accepter… Et je ne vous parlerai pas de certains de vos villages où les mères ont tellement honte de concevoir des filles qu’elles préfèrent les noyer dès leur naissance.
Maintenant Bruno Ballard ne dit plus rien, j’ai l’impression de discerner comme une rage chez lui. C’est étonnant, il en veut à Aphrodite d’avoir révélé à tous les moeurs de son peuple.
Mais déjà Aphrodite pointe du doigt d’autres élèves.
Et que vos petits camarades ne se moquent pas trop vite… Vous croyez que je n’ai pas vu ? D’abord il n’est pas le seul à avoir ce genre de pratiques et puis… j’ai vu vos sacrifices humains inutiles, j’ai vu vos incestes considérés comme une forme d’éducation des enfants ! J’ai vu les réseaux de pédophilie installés par les petits chefs. Et je ne parlerai pas du cannibalisme, ni de la mise en quarantaine systématique et dans des conditions ignobles des lépreux ou des handicapés. J’ai vu les premières femmes dites sorcières brûlées sur Ies bûchers… J’ai vu les premières salles de torture qui se construisaient et le métier de bourreau qui devenait un travail à plein temps. J’ai vu tout ça. Tout ce que vous avez laissé faire par pusillanimité ou par bêtise.
Son regard se fait dur.
À moins que ce ne soit par vice.”
Finalement ce passage m’interpelle, ces “coutumes barbares” ne semblent être en fait que des méthodes pour contrôler, canaliser les peuples, éteindre leurs envies, maîtriser leur épanouissement : en un mot l’obscurantisme et visiblement la liberté fait encore peur…
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