J’ai eu du mal à m’endormir cette nuit là, je l’avais à peine aperçue et je me remémorais cette silhouette. Je ne la connaissais absolument pas et pourtant c’est comme si elle m’était proche. Elle m’avait souri. Sourire de façade pour cacher une inconfortable situation ou sourire malicieux invitant un inconnu à frapper à sa porte.
Après son sourire, je m’étais écarté de ma fenêtre, j’avais attendu un bon 1/4 d’heure avant d’oser réapparaître mais elle avait disparu. Je me disais alors que j’aurais du attendre, sans reculer, et provoquer ainsi cette inconnue à exprimer un peu plus qu’un simple sourire.
Mais provoquer, j’en suis incapable. La peur qu’elle me dise non, qu’elle me rejette, qu’elle crie au secours ou me prenne pour un fou… Comment imaginer une seule seconde qu’une femme puisse inviter ainsi un inconnu (ça n’existe, sans doute, que dans les films porno… et grandir devant le journal du hard semble donner de biens mauvaises habitudes).
Pourtant cette femme allait m’accompagner tout au long de ma journée du lendemain. Au fil des heures, c’est comme si je la connaissais un peu plus, je me faisais mon film et bien sur j’en étais le héros. Je commençais à espérer la retrouver le soir et cette fois, bien sur, cette fois… !!
C’est ainsi que j’ai écourté le dîner auquel je participais ce soir là. J’avais un autre rendez-vous (inavouable celui-là). Mais au lieu de m’afficher ostensiblement et d’attendre qu’elle sorte (peut être) de sa douche. Je prenais soin de rentrer dans ma chambre sans allumer la lumière et me dirigeait vers la fenêtre, dans l’ombre, en essayant de ne pas être vu, pour la surprendre.
Je ne me sentais plus vraiment l’âme d’un héros, mais plutôt celle d’un charognard, avide des restes, de ce qu’il peut glaner au détriment des autres. Je savais alors que je n’aurais rien de plus et pourtant quelque part, attiré parce que j’avais vu la veille, je me sentais protégé. Je n’aurais sans doute pas grand chose mais là je ne risquais rien.
J’avais imaginé la séduire d’un regard et je me cachais derrière des rideaux aussi ternes que moi. Je rêvais qu’elle m’invite mais j’avais trop peur qu’elle me voit, encore là. Il était plus de minuit et sa chambre était allumée, j’espérais l’apercevoir mais au fil des minutes je me sentais de plus en plus mal à l’aise. Elle était ravissante, elle m’avait souri.. et moi j’étais un lâche.

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