Au hasard de mes promenades, je suis tombé sur cette citation : ” J’ai toujours aimé les jeunes filles. Quand j’avais huit ans, c’était plus grave : elles étaient encore plus jeunes.”
Normalement cette citation aurait du me faire sourire, mais quand j’ai vu son auteur, je dois dire que j’ai trouvé cela nettement moins drôle, car en effet elle est l’oeuvre de l’hôte suisse le plus tristement célèbre du moment, alors quand il a dit cela, au prétexte d’un bon mot, était ce seulement la mémoire qu’il avait courte ou alors ce qui est pire les idées… ?
Je n’aurais pas la prétention de solutionner le débat, dans une affaire qui pourtant m’interpelle :
Tout d’abord, nous savons si peu de choses des faits réels, de la personnalité des parties qu’il serait bien maladroit d’oser en tirer des conclusions : consentante ? pas consentante ? compensation financière pour le retrait de la plainte ? persécution judiciaire ? personnalité de Polanski ? je crois qu’il y a vraiment là tous les éléments pour nous conduire dans un imbroglio voire une impasse…
Ensuite, il y a le contexte juridique et cette fameuse prescription. La question posée : “le temps efface-t’il les crimes ?” a une dimension quasi philosophique. Faut-il que ces crimes soient imprescriptibles ? les auteurs peuvent-ils, doivent-ils échapper à leurs méfaits ? 30 ans après un homme n’a t’il pas suffisamment changé pour ne plus avoir à répondre de ce qui pourrait être considéré comme une erreur ? Et la victime dans tout ça, peut-on ainsi nier ou ”effacer” son drame ?
La encore, je dois dire que je m’y perds, entre morale et droit, entre justice et ressenti, il est indispensable de dépassionner ce débat et je crois malgré tout vu de ma toute petite fenêtre qu’il est indispensable pour une société de pouvoir avancer sans craindre de voir à tout moment ressurgir le passé et cela dans des conditions parfois bien sulfureuses. Il me semble donc nécessaire peut être même aussi bien pour les victimes que pour les auteurs de ces actes, qu’à un moment le temps de la justice puisse enfin s’arrêter.
Enfin et c’est peut être ce qui me dérange le plus, ce sont les a-côtés de cette affaire :
Je suis gêné de voir une classe, enfin devrais-je plutôt dire une caste (artistes, scénaristes, réalisateurs, politiques) se mobiliser pour défendre les intérêts de l’un d’entre eux, envers et contre tous : ce qu’à fait l’artiste ne suffit pas à excuser ce qu’à pu faire l’homme et la justice ne doit pas s’arrêter au mérite du boureau pour ignorer celui de la victime.
Je suis amusé de voir la position de la Suisse, résolument exemplaire dans cette affaire et pourtant si opaque lorsqu’il s’agit de circuits financiers ou de crimes de guerre. La morale accepte donc si facilement de faire le grand écart.
Enfin voila, je ne pensais plus écrire ce post mais aujourd’hui la lecture de cette citation me laisse un goût amer, je me rassure en me disant qu’il a peut être fait ce “bon mot” avant 1978 ou alors qu’il ne manque pas de cynisme…
Oui, ces paroles à la base innocentes en deviennent dégoutantes …
@ sexy2bloved
Disons qu’elles me feraient douter de la force rédemptrice du temps qui passe… il faudrait juste savoir quand il a dit ses mots ;-)))
Oui ;-) et aussi le fond de sa pensée en les disant …